Soyons Fiers, Soyons Franco-fiers

Ce vendredi, attendez-vous à une explosion de vert et de blanc. Une véritable célébration de fierté va bientôt éclater dans les rues. Quelle fête inimaginable peut avoir comme effet une telle cacophonie de manifestations? La journée du drapeau franco-ontarien : c’est le 40e anniversaire de l’union du Trillium vert et de la fleur de Lys blanche.

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Le 25 septembre 1975, le projet d’une fête célébrant la francophonie ontarienne est lancée. Cette initiative fut entreprit par le professeur Gaétan Gervais et sa classe de science politique. Les divers collaborateurs avaient comme mission de créer un symbole pour représenter la communauté franco-ontarienne. Quarante ans plus tard, les franco-ontariens célèbrent l’anniversaire de leur réussite avec la journée du drapeau franco-ontarien.

Cependant, le 40e anniversaire du drapeau franco-ontarien n’est pas la seule raison pour faire la fête cette année. En effet, l’an 2015 marque aussi le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario. La première visite de l’explorateur Samuel de Champlain fût en 1615 lorsqu’il a découvert le territoire ontarien au nom de la Nouvelle-France. L’existence des colonisateurs français et par la suite des colonisateurs anglais entraînent des tensions ethniques qui donnent lieu à une lutte linguistique. Après des années de conflits, l’Angleterre en sort vainqueur et donc l’anglais s’installe comme langue officielle de la province, du commerce et de l’instruction. Malgré tout, la communauté franco-ontarienne n’a cessé d’enseigner sa langue, de partager sa culture et surtout d’inspirer sa vaillance comme minorité linguistique. Quatre cent ans plus tard, les Franco-ontariens et Franco-ontariennes attendent impatiemment le jour où ils peuvent célébrer leur survie culturelle.

Bref, après tout ce que j’ai dit, je laisse de côté mon exposé objectif pour m’exprimer à la première personne.

Je suis fière d’être Franco-Ontarienne. Je suis fière de la langue française qui persiste malgré la lourdeur de l’anglais en Ontario. Je suis fière de mon grand-père qui a travaillé sans relâche dans une mine au Nord-Est pour soutenir à sa famille. Je suis fière des chants traditionnels qui racontent les aventures de coureurs des bois. Je suis fière de l’éducation francophone qui a résisté le règlement 17 et qui a fleuri. Ma fierté est le produit d’une minorité courageuse qui malgré des générations de dominance anglophone s’épanouit toujours.

J’avoue que ma fierté ne s’est pas toujours affirmée ainsi. Originaire de London en Ontario, j’ai fréquenté l’école élémentaire et secondaire en français même si l’anglais domine dans la région. Lorsque je parle en français, mon accent anglais me trahit, mais je fais des efforts pour le masquer. Ma quête universitaire m’a apporté à Ottawa où j’ai constaté que ma culture franco-ontarienne est une pierre fondatrice de ma personne. Être franco-ontarienne relève de mon empreinte digitale : elle est imbriquée en moi.

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Mes expressions, mes tournures de phrases et oui mon accent du Sud-Ouest de l’Ontario révèle mon apprentissage ralenti du français en contraste avec mes habiletés en anglais. Cependant, je suis fière de mon accent. C’est une preuve que la communauté franco-ontarienne subsiste dans l’ombre du Sud-Ouest de l’Ontario. La résolution de mes parents et de leurs ancêtres m’ont encouragé à continuer mes études en français et ne jamais oublier mon identité francophone : c’est un cadeau qui me permet aujourd’hui de taper mes pensées dans la langue de Molière. C’est avec un sourire aux lèvres et du maquillage vert sur les joues que j’agite mon drapeau franco-ontarien ce 25 septembre.

Si vous voulez écouter la chanson thème du 400e anniversaire de la préscence du francophone en Ontario:

 

Article originally published on Wingd, September 1st, 2015.